Les débats électoraux

“La campagne repose généralement sur des équipes colossales comprenant des salariés, mais surtout, de véritables armées de volontaires.

À nouveau, le président sortant peut user du poste qu’il occupe pour renforcer sa position.

À cet effet, les dépenses électoralistes (Pork barrel spending) sont un instrument de campagne, et certains États bénéficient alors tout particulièrement de la “manne fédérale”.

“Mais, la campagne électorale est surtout affaire de visibilité dans les médias, de positionnement, car “depuis que les débats télévisés ont été introduits en 1960 dans la campagne présidentielle […] les candidats cherchent à plaire et non à vaincre”.

La campagne est ainsi émaillée de moments, de petites phrases qui peuvent influencer l’écoute et faire infléchir la tendance”, Audrey Crespo-Mara, présentatrice à LCI.

Il est vrai que dans cette perspective, les débats peuvent s’avérer déterminants, ajoute, cette dernière.

Les débats sénatoriaux entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas en 1858, et la première joute télédiffusée de 1956 entre Adlai Stevenson et Estes Kefauver sont inscrits dans l’histoire des élections présidentielles.

Le face-à-face, entre Kennedy et Nixon en 1960 a marqué de manière irréversible la réalité des campagnes électorales, non seulement parce qu’il a inauguré les débats télévisés nationaux, mais aussi et surtout, parce qu’il aura fait ressortir des contrastes qui ont influencé l’issue de la campagne.

La télégénie de Kennedy par rapport à Nixon, transpirant, mal rasé, tout comme plus tard la bonhomie de Reagan contrastant avec le tableau sinistre dépeint par Carter, aura en effet, joué un rôle déterminant.

En 1987, une Commission des débats présidentiels a été créée pour encadrer l’organisation des débats.

Composée des représentants des deux Partis, cette commission doit organiser, de façon neutre et objective, une série de débats, dans le respect des règles établies par le Federal Election Commission.

À cette fin, elle détermine les candidats qui pourront participer au débat en s’appuyant sur trois critères cumulatifs.

Tout d’abord, il faut que les candidats satisfassent les conditions constitutionnelles d’éligibilité (âge, citoyenneté, résidence).

Ensuite, le nom de chaque candidat doit figurer suffisamment de bulletins de vote (ballot access) pour que celui-ci, ait, au moins théoriquement, une chance d’obtenir une majorité de grands électeurs.

Enfin, il faut que le candidat ait obtenu au moins 15 % des intentions de vote au niveau national, selon les résultats les plus récents de cinq instituts de sondage d’envergure nationale.

Ainsi, en 1992, la Commission organisa un débat triangulaire, incluant Ross Perot, qu’elle écartera en 1996, estimant que sa candidature n’avait pas de crédibilité au vu des sondages.

La Commission doit rendre sa décision avant la fête du travail pour laisser suffisamment de temps à l’organisation du premier débat”, Article d’Audrey Crespo-Mara.

  Les débats de l’élection présidentielle 2004 : les États-Unis

Ainsi, dès le printemps 2004, la Commission des débats présidentiels a arrêté le calendrier des débats de l’automne 2004.

Les candidats à la vice-présidence s’affrontent le 5 octobre à la Case Western Reserve University de Cleveland dans l’Ohio.

Les candidats à la présidence débattent le 30 décembre à l’Université de Miami, à Coral Gables en Floride, puis le 8 octobre à la Washington University à Saint-Louis dans le Missouri, et Enfin, à l’Arizona State University, de Tempe dans l’Arizona, le 13 octobre 2004, soit une vingtaine de jours avant les élections.